L’excès de vitesse est l’une des infractions routières les plus fréquentes et une cause majeure d’accidents graves. La bonne nouvelle : les règles sont progressives et prévisibles. En connaissant le bareme exces vitesse, le calcul de la vitesse retenue (celle qui compte vraiment) et vos options après un contrôle, vous pouvez mieux anticiper, éviter les mauvaises surprises et surtout préserver votre permis.
Depuis 2024 et jusqu’aux évolutions introduites fin 2025, le cadre s’est précisé : un très petit dépassement peut désormais éviter le retrait de points, tandis qu’un grand excès devient beaucoup plus sévèrement traité. Ce guide résume les paliers de sanctions, les marges techniques des radars, les facteurs aggravants, les délais de contestation et les solutions de récupération de points.
1) Ce qui change : deux dates clés à connaître
- Depuis le 1er janvier 2024: un excès de vitesse retenu inférieur à 5 km/h n’entraîne plus de retrait de points.L’amende reste due.
- Depuis le 29 décembre 2025: un excès de vitesse égal ou supérieur à 50 km/h devient un délit dès la première infraction, avec −6 points, une procédure pénale et une mention au casier judiciaire (B2) en cas d’amende forfaitaire délictuelle payée (reconnaissance du délit).
Autrement dit, le système valorise davantage les petits écarts (sans les encourager), et durcit nettement le traitement des dépassements très importants.
2) Barème officiel : points retirés et amendes selon le palier
Les sanctions sont proportionnelles à la gravité du dépassement. Elles peuvent combiner : amende, retrait de points, et selon les cas rétention/suspension du permis, voire une procédure pénale.
Point essentiel : le palier se calcule sur la vitesse retenue (voir plus bas), pas sur la vitesse mesurée brute.
Tableau récapitulatif (vitesse retenue)
| Palier d’excès | Points | Qualification | Amende (principale) | Mesures possibles |
|---|---|---|---|---|
| < 5 km/h | 0 (depuis 01/01/2024) | Contravention (selon zone) | Amende due | — |
| < 20 km/h hors agglomération (limitation > 50 km/h) | −1 | Contravention 3e classe | 45 € minorée / 68 € forfaitaire / 180 € majorée / 450 € max | — |
| < 20 km/h en agglomération ou limitation ≤ 50 km/h | −1 | Contravention 4e classe | 90 € minorée / 135 € forfaitaire / 375 € majorée / 750 € max | — |
| 20 à 29 km/h | −2 | Contravention 4e classe | 90 € minorée / 135 € forfaitaire / 375 € majorée / 750 € max | — |
| 30 à 39 km/h | −3 | Contravention 4e classe | 90 € minorée / 135 € forfaitaire / 375 € majorée / 750 € max | Rétention immédiate possible en cas d’interpellation ; suspension administrative jusqu’à 3 ans possible |
| 40 à 49 km/h | −4 | Contravention 4e classe | 90 € minorée / 135 € forfaitaire / 375 € majorée / 750 € max | Rétention immédiate possible en cas d’interpellation ; suspension administrative jusqu’à 3 ans possible |
| ≥ 50 km/h (depuis 29/12/2025 : délit) | −6 | Délit (tribunal correctionnel ou AFD) | AFD 250 € minorée / 300 € forfaitaire / 600 € majorée ; jusqu’à 3 750 € au tribunal | Procédure pénale ; mention au casier (B2) si paiement AFD ; récidive aggravée (voir plus bas) |
Pourquoi ce barème peut vous aider concrètement
- Visibilité: vous savez à l’avance ce que « coûte » un dépassement en points et en euros.
- Priorisation: vous identifiez les zones à risque (agglomération, vitesses élevées) où quelques km/h de trop font vite basculer dans un palier supérieur.
- Préservation du permis: anticiper, c’est éviter les retraits importants (−3, −4, −6) qui fragilisent le capital points.
3) Vitesse retenue : le calcul qui déclenche (ou évite) un retrait de points
La sanction n’est pas calculée sur la vitesse affichée par le radar, mais sur la vitesse retenue: c’est la vitesse mesurée diminuée d’une marge technique réglementaire.
Important : cette marge technique n’est pas une « tolérance » accordée au conducteur. Elle compense uniquement l’imprécision des appareils de mesure homologués.
Marge technique selon le type de contrôle
| Type de contrôle | Vitesse mesurée < 100 km/h | Vitesse mesurée ≥ 100 km/h |
|---|---|---|
| Radar fixe / poste fixe | − 5 km/h | − 5 % |
| Voiture-radar en circulation | − 10 km/h | − 10 % |
Exemples simples pour comprendre
- Radar fixe, vitesse mesurée 86 km/h en zone limitée à 80: vitesse retenue 81 (86 − 5). Excès retenu +1 km/h: depuis 2024, pas de retrait de points si le dépassement retenu reste < 5 km/h (l’amende demeure).
- Radar fixe, vitesse mesurée 139 km/h pour une limite à 130: vitesse retenue 132 (−5 %). Excès retenu +2 km/h: même logique, 0 point si < 5 km/h retenus.
- Voiture-radar, vitesse mesurée 96 km/h pour une limite à 80: vitesse retenue 86 (96 − 10). Excès retenu +6 km/h: on quitte la zone « < 5 km/h », le retrait de points peut s’appliquer selon le barème.
Retenir ceci vous donne un avantage concret : vous comprenez pourquoi un flash peut parfois aboutir à une sanction différente de votre impression au moment de la conduite.
4) Circonstances aggravantes : quand la situation peut se durcir
Le barème par palier est la base, mais certains contextes rendent la situation plus grave. Les connaître permet d’adopter une stratégie simple : zéro cumul.
Agglomération : une sévérité plus forte à faible excès
Un excès < 20 km/h est plus sévèrement sanctionné en agglomération (ou si la limitation est ≤ 50 km/h) qu’hors agglomération. L’objectif est de protéger les usagers vulnérables (piétons, cyclistes, deux-roues).
Alcool ou stupéfiants
Un excès de vitesse commis sous l’empire d’un état alcoolique ou après usage de stupéfiants aggrave les sanctions : les infractions se cumulent et sont jugées ensemble.
Permis probatoire : un capital plus fragile
En permis probatoire, le capital initial est de 6 points. Conséquence directe : un retrait important peut mettre le permis en danger beaucoup plus vite.
- Un retrait de 6 points (par exemple sur un délit ≥ 50 km/h depuis fin 2025) peut entraîner l’invalidation du permis.
- Pour un excès supérieur à 20 km/h, un stage de sensibilisation est indiqué comme obligatoire pour les conducteurs probatoires (à défaut, risque d’annulation).
Récidive dans les 5 ans : surtout critique pour le ≥ 50 km/h
Pour le grand excès de vitesse ≥ 50 km/h devenu délit, la récidive dans les 5 ans expose aux sanctions maximales mentionnées : jusqu’à 3 750 € d’amende, jusqu’à 3 mois d’emprisonnement, annulation du permis, et confiscation obligatoire du véhicule.
5) Après un PV : contester dans les délais (et dans les règles)
Un PV n’est pas une fatalité si vous disposez d’un motif recevable et que vous respectez les délais. Bien fait, cela peut éviter une erreur administrative et protéger votre capital points.
Délais à retenir
- 45 jours à compter de la date d’envoi de l’avis de contravention pour déposer une requête en exonération.
- 30 jours pour une amende forfaitaire majorée.
Attention: le paiement de l’amende vaut reconnaissance de l’infraction. Il rend toute contestation ultérieure irrecevable et déclenche le retrait de points.
Motifs souvent invoqués (à documenter)
- Vice de forme sur le PV (date, heure, lieu, plaque erronés).
- Vous n’étiez pas le conducteur (vol, usurpation de plaque, prêt du véhicule), avec justificatifs.
- Signalisation absente ou défectueuse sur le tronçon contrôlé.
- Non-conformité ou défaut d’étalonnage du cinémomètre.
- Photo radar ne permettant pas d’identifier clairement le véhicule ou la situation.
Désigner le conducteur : vigilance absolue
Si vous n’étiez pas au volant, vous devez désigner le conducteur réel dans le délai imparti. Une fausse désignation constitue un délit distinct, puni de 6 mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende.
6) Récupérer ses points : les options qui remettent votre compteur sur de bons rails
Un retrait de points peut arriver, même à un conducteur prudent (inattention, limitation changeante, fatigue). L’essentiel est de passer en mode solution : récupération par le temps et stage.
Récupération naturelle : laisser le temps jouer en votre faveur
En l’absence de nouvelle infraction entraînant un retrait de points, les points peuvent revenir progressivement. Les repères suivants sont cités :
- Retour au capital complet de 12 points au bout de 2 ans sans infraction.
- Pour des points retirés suite à un excès entre 40 et 49 km/h: récupération indiquée après 3 ans sans infraction.
Dans la pratique, cela encourage une stratégie très rentable : après une infraction, adopter une conduite irréprochable sur la durée pour sécuriser votre capital.
Stage de récupération : jusqu’à 4 points en 2 jours
Le stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu’à 4 points (dans la limite du plafond de 12 points).
- Durée : 2 jours dans un centre agréé.
- Fréquence : 1 stage maximum par période de 12 mois.
- Accessible si votre solde de points est compris entre 1 et 11 points.
- Non accessible si le permis est invalidé.
Au-delà des points, le stage apporte souvent un bénéfice immédiat : meilleure lecture des risques, meilleures habitudes, et un plan d’action concret pour ne plus revivre la même situation.
Mini “success stories” (scénarios réalistes)
- Profil “pro”: un conducteur qui roule beaucoup se fait retirer 2 points (palier 20–29). Il planifie un stage au bon moment et récupère jusqu’à 4 points, ce qui lui permet de continuer à travailler sans pression sur son solde.
- Profil “jeune permis”: après un retrait de points, il adopte une routine simple (régulateur, anticipation des zones à 30/50) et évite toute nouvelle infraction : la récupération par le temps redevient un objectif atteignable.
7) Bonnes pratiques simples pour éviter de “tomber” d’un palier au suivant
Comme les sanctions montent par paliers, un petit changement d’habitude peut produire un grand résultat : rester sous le palier supérieur.
- Activez le régulateur/limiteur dès que la circulation le permet.
- Surveillez les changements de limitation (entrée d’agglomération, travaux, zones 30).
- En cas de fatigue, privilégiez une conduite plus “marge de sécurité” : la fatigue augmente les micro-accélérations involontaires.
- Évitez le cumul à risque (vitesse + alcool / stupéfiants) : ce sont ces combinaisons qui font basculer une situation en dossier lourd.
À retenir
- La sanction dépend de la vitesse retenue (vitesse mesurée moins une marge technique), pas de la vitesse brute.
- Depuis le 1er janvier 2024, un excès retenu < 5 km/h ne retire plus de points (mais l’amende reste).
- Depuis le 29 décembre 2025, un excès ≥ 50 km/h est un délit: −6 points, procédure pénale, et mention au casier (B2) en cas de reconnaissance via AFD.
- Vous avez 45 jours pour contester (ou 30 jours en cas de majoration) et payer revient à reconnaître.
- Vous pouvez reconstruire votre capital grâce au temps et/ou à un stage (jusqu’à 4 points).
En maîtrisant ces règles, vous transformez un sujet anxiogène en avantage pratique : vous pilotez mieux votre risque, vous protégez votre permis, et vous adoptez une conduite plus sereine au quotidien.